 En quatre jours, le Real Madrid a perdu tout espoir de sauver sa saison. Eliminé en Ligue des champions, il se retrouve désormais à 11 points du Barça en Liga. Le titre n'est plus qu'une utopie. La Maison blanche vacille sur ses fondations et les socios ont ciblé les responsables : les joueurs.
C'est un signe qui ne trompe pas. Pour la première fois depuis ses débuts en équipe première voilà une décennie, Raul n'échappe pas à la critique. Jusqu'ici, les supporters madrilènes avaient toujours épargné leur capitaine, leur symbole, au fil des différentes crises, mineures ou majeures, qui ont émaillé la vie des Merengue ces dernières saisons. Cette fois, même Raul n'échappe plus à la vindicte populaire.L'attaquant espagnol se retrouve dans le même sac que les autres, avec Zidane, Figo, Beckham, Samuel ou Ronaldo, ces fameux "Galactiques". Le Real n'a pourtant plus vraiment la tête dans les étoiles ces temps-ci. Plutôt dans le brouillard. La défaite, on ne peut plus logique, concédée dimanche à Getafe, le petit promu, a fini d'exaspérer les socios. Selon un sondage publié par le site internet de Marca, auprès de 15000 votants, les joueurs sont jugés responsables à 61,5% des mauvais résultats du club, loin devant les dirigeants (35%) et le staff technique (3,5%). Luxemburgo ne comprend pas Les supporters ne comprennent pas. Difficile pour eux d'admettre que le club de leur coeur puisse boucler une deuxième saison consécutive sans le moindre titre. Impensable, même. Certes, le championnat n'est pas fini et mathématiquement, le Real peut encore combler ses 11 longueurs de retard sur le Barça. Mais Guti se charge de résumer le sentiment général: "Nous ne pouvons pas revenir. Pas parce qu'il y a 11 points d'écart, mais parce que nous ne sommes pas capables de hausser notre niveau de jeu", estime le milieu de terrain. Guti fut d'ailleurs l'un des rares joueurs du Real à affronter la presse dimanche soir. Il est apparu sans illusions et sans concessions. "Une équipe incapable de gagner hors de ses bases et qui n'arrive pas à marquer ne peut pas espérer grand-chose, admet l'Espagnol. Les prochains mois vont être très durs. Maintenant, il faut au moins essayer de terminer le plus haut possible dans le classement, car c'est très important pour le club". Wenderley Luxemburgo semble quant à lui franchement déprimé. Le Brésilien avait cru qu'il pourrait changer les choses à son arrivée, il doit commencer à en douter. "Je ne comprends pas ce qui s'est passé, mais il est clair que Getafe mérite largement sa victoire. Nous sommes tous à blâmer pour ce qui arrive en ce moment et il va falloir que certaines attitudes changent", assure l'ancien patron de la Seleçao, qui reproche à ses joueurs leur manque de combativité sur le terrain. Une dernière opération rachat Vu le contexte et le caractère particulièrement humiliant du dernier revers en date (Getafe est un club de banlieue à Madrid&hellip), Florentino Perez ne pouvait rester muet. Lundi matin, le président madrilène a fait part de sa "tristesse", tout en affirmant qu'il n'était pas question pour lui de démissionner. Son discours est politique, entre explications évasives et méthode Coué qui ne trompe personne. "On a accusé le coup, physiquement et mentalement en revenant de Turin. Mais tant que les chiffres ne nous diront pas que le titre est perdu, nous continuerons à nous battre", assure-t-il. Le Real a encore une occasion de sauver les meubles, à défaut de remporter le titre. Le 10 avril, pour le compte de la 31e journée, le Barça rendra visite à son meilleur ennemi. Une dernière opération rachat. Une victoire pourrait permettre aux Merengue de se rabibocher, au moins provisoirement, avec leur public. A l'inverse, une défaite face aux Catalans aurait un caractère insupportable pour la foule madrilène dans la grisaille actuelle et risquerait de provoquer un séisme dont personne ne sortira indemne. Seuls les utilisateurs enregistrés peuvent écrire des commentaires. Veuillez vous identifier ou vous enregistrer. Powered by AkoComment 2.0! |