Interview Sebastien Mate
Par aurline, dans Interview Keeperworld -# 15 - Fil RSS
Notre Reporter Djék à interviewé cette fois-ci le gardien de l'entente Sannois-Saint-Gratien club de national
Interview de Sébastien Mate.
Notre Reporter Djék à interviewé cette fois-ci le gardien de l'entente Sannois-Saint-Gratien club de national
Interview de Sébastien Mate.

DjéK - Comment voyez-vous l'évolution du poste à travers le temps et comment pouvez-vous définir le poste actuel (règles, difficultés, avantages, médiatisation, etc) ?
Sébastien - Le poste de gardien de but a beaucoup évolué durant les 10 dernières années parce que maintenant un gardien de but n’est plus quelqu’un qui est sur sa ligne de but et qui ne joue qu’à la main. On doit être capable de jouer au pied quasiment aussi bien qu’un joueur de champs et il faut également être attentif au niveau des règles car ça a quand même beaucoup évolué. Techniquement le poste a évolué par rapport a de nouveaux entraînements et aux spécifiques adaptés, d’où le diplôme instauré par Bruno MARTINI, que je vais passer au plus vite, d’entraîneur professionnel spécifiques gardiens de but. En tant que gardiens, on travaille beaucoup sur les déplacements, la vivacité, le mental et c’est ce qu’on ne faisait pas il y a encore 10 ans.
D - Quel est votre (vos) exercices préférés ?
S - Je mesure 1,81m et mon jeu se trouve dans les catégories des gardiens plutôt toniques donc je suis un peu plus en difficulté sur les ballons aériens mais j’essaie de compenser cela avec autre chose. Donc j’aime bien tout ce qui est exercices de vivacité. Sur 3-4 ballons, droite/gauche, et quand on fait entraînement, j’insiste sur l’explosivité et aussi sur la technique, toujours reprendre les bases car c’est ce qui sert le plus en match. Et il ne faut pas oublier que lorsqu’on à un « point fort », il ne faut surtout pas le mettre de côté pour travailler exclusivement le point faible mais continuer à travailler ce « point fort ». En étant « pro », on a des entrainement spécifiques tous les jours donc sur 5 séances d’entraînements on pense quand même à travailler nos points fort au moins 20 minutes par jour.
D - Comment gérez-vous le stress et la pression (par exemple suite à une série de mauvais résultats, après un match en "demi-teinte", avec une concurrence pas très saine....) ?
S - Ces problèmes je les ai connus dans, quasiment, les trois-quarts de ma carrière car j’ai fait quelques clubs de L2, voire de L1 et il est vrai qu’aujourd’hui il y a beaucoup de gardiens qui ne percent pas car le mental est la principale qualité qu’il faut. Alors parfois on entends : « Comment ça se fait qu’il ne soit pas passer il a pourtant des qualités » mais actuellement c’est surtout une question de mental. L’exemple type c’est Mickaël LANDREAU qui a atteint sa maturité assez tôt car rentrer dans les buts de Ligue 1 à 17ans et ne plus les quitter c’est extrèmement rare.
Donc, le mental est a 50% de la réussite d’un gardien de but car une fois que l’on atteint un certain niveau, cela veut dire qu’on a les qualités. Comme on peut voir Coupet aujourd’hui avec son équipe de Lyon qui sont vraiment très fort, il a deux arrêts à faire dans les match, mais il les faits ! Ce qui fait la différence chez lui, c’est son mental, c’est un battant et il est toujours concentré.
Mais bon comme dit, lorsque ca arrive de passer au travers, il ne faut pas tout remettre en question, ne pas mettre sa vie en jeu, ni d’ailleurs ses qualités car on sait que ce poste est amené à faire des fautes car s’il n’y a pas de fautes il n’y a pas de buts donc il faut se remettre sur la route et aussi avoir la chance d’avoir des collègues assez forts pour pouvoir remonter le moral. Mais quoi qu’il arrive, si un gardien de but fait une faute de main on entends « Il n’est pas bon » mais si c’est un attaquant qui rate un but on lui dira « ce n’est pas grave, au prochain coup ! ».
Mais le mental est quelque chose qui se travaille et qui ne vient pas du jour au lendemain, je me rappelle que lorsque je doublais en Ligue 2, je travaillais à l’entraînement pour pouvoir saisir ma chance. Dans une carrière, on prendra toujours des petites claques dans la figure mais il faut savoir se relever et montrer qu’on a du tempérament et inverser les choses en montrant qu’on est là et qu’on sait s’imposer en montrant nos qualités personnelles.-
D - Quelle est ou a été votre idole dans les buts ? Et pourquoi ?
S - Grégory COUPET actuellement, non pas parce que j’ai la même coupe de cheveux, mais il est vrai qu’il est mon idole car en plus de faire la même taille, on pratique, sans prétention aucune, le même style de jeu.
Autrement par le passé, ça a surtout été Joël BATS qui a quand même fait une grosse carrière et également Bruno MARTINI de part sa sobriété et aussi son professionnalisme. A côté de cela il y a eu plusieurs styles de gardiens de but, pour moi il n’y a que deux styles: - le style de LETIZI qui est très sobre, qui ne fait pas de « tralala » et donc qui fait parti des grands gardiens de but, mais avec un jeu plus difficile au sol, donc un peu plus mou quoi. - Et il y a l’autre style, plus explosif, qui me correspond mieux, qui est représenté par des garçons comme ALONZO qui sont spéctaculaires et dont on ne comprend pas trop comment il arrête les ballons par rapport a ces gestes. Mais aujourd’hui la formule mêlant le mieux efficacité et sobrieté c’est Grégory COUPET qui la tient quoi.
D - Pourquoi avoir choisi le poste de gardien plutôt que joueur de champs ?
S -Pour ma part ça s’est fait très bizarrement car j’ai commencé le foot très tard, à 11ans, et donc a 12 ans je jouais en Pupilles ou Minimes je ne sais plus, je jouais dans le champs avec un copain et on marquais beaucoup de buts car je ne suis pas trop maladroit avec mes pieds, je jouais numéro 9, et en tournoi je jouais gardien de but. Un jour il y a un des parents qui est passé et je lui ai demandé « tu me vois mieux où? Dans le champs ou dans le but? » et ce parent m’a répondu qu’il me voyait mieux dans les buts donc j’ai choisi d’y rester et je ne regrette pas mon choix mais ça aurait pu être l’inverse aussi car j’étais déjà en sélection mais quand tu es jeune tu joues aussi pour être avec tes collègues donc sur les tournois, à partir de la, je jouais pas mal dans le champs. J’ai fait 6 années dans les buts et après j’ai commencé à travailler spécifiquement, et voilà après, la chance est arrivée puis c’était l’engrenage quoi. Donc voilà ma mise au poste de Gardien s’est fait sur un coup de tête, discussion avec les parents qui me voyaient mieux la et puis finalement c’est bien choisi (rires).
D - Que pensez-vous des dernières nouveautés en ce qui concerne les ballons de football?
S - L’autre jour j’ai regardé le match Paris Saint-Germain – AS Saint-Etienne, quand JANOT a dit, après qu’ALONZO ait pris un but un petit peu bizarre, que c’est anormal de nos jours. Les ballons sont plus techniques, certes, mais je vois que chez nous (Sannois Saint-Gratien, ndlr.) on est Nike et puis personnellement j’ai mis 3 mois avant de m’adapter aux ballons.
Ce qui est dur, c’est lorsqu’on joue le week-end d’après contre une équipe Uhlsport, puis après une équipe en Puma et donc je serais du même avis que JANOT d’avoir un ballon pour la Ligue 1, la Ligue 2 et le National, et donc que tous les clubs aient le même ballon au moins à tous les matchs car on arrive à du n’importe quoi commercial. Il faudrait qu’ils prennent une seule marque pour les ballons et puis qu’après on puisse jouer « à égalité », car cela devient vraiment n’importe quoi car pour les joueurs de champs ce n’est pas quelque chose de délicat mais pour un gardien de but, le changement de materiel chaque semaine c’est vraiment difficile.
D - Que pensez-vous des critères de sélection des gardiens dans les centres de formation, concernant entre autre la taille?
S - Aujourd’hui, et ce depuis 2 ou 3 années, les clubs sont plus exigeant et ils ont un « clône » d’un gardien idéal. C’est celui qui va faire 1,90 mètre tout simplement car ils estiment qu’un gardien plus grand sera plus facile à faire progresser tactiquement et techniquement qu’un gardien petit, qui lui n’aura pas la chance de « grandir ». Moi je ne suis pas trop pour ce système car il y a de bons gardiens qui jouent en Ligue 1 qui ont une taille « normale », ce que je veux dire c’est que même Jeremie JANOT qui a une petite taille compense son manque de taille par son éxplosivité, Gregory COUPET mesure 1,81m, Fabien BARTHEZ c’est pareil. Ce que je veux dire par là c’est qu’il y en a plus d’un qui ne mesurent pas 1,90m. Donc aujourd’hui les clubs sont, pour moi, un peu bêtes de se formaliser sur la taille et c’est dommage car souvent il y a de très bons gardiens de buts qui sont un peu en dessous en taille et qui mériteraient d’avoir une chance.
D - Pensez-vous que l'arbitrage aide beaucoup trop les gardiens dans le championnat de France? Moins de contact qu'en Angleterre par exemple.
S - En regardant les matchs en Angleterre, il n’y a aucun gardien en dessous d’1,87m donc c’est déjà une chose, mais il est vrai que les gardiens y sont moins protégés pour l’aspect « spectacle » du duel et tout mais je trouve qu’en France, les gardiens sont quand même un peu avantagés parce que l’arbitre va plutôt protégé le gardien. C’est une chose qui est normale car sur un duel aérien, quand le gardien décolle les 2 pieds du sol et qu’il est légérement bousculé c’est vrai que la maitrise du corps dans l’espace c’est assez embêtant. Donc moi je pense que l’arbitrage sur notre poste est très bien comme ça et qu’il faut continué car on voit en Angleterre, ce n’est pas toujours juste, même si le gardien peut mettre les mains, une fois qu’il ne touche plus le sol et qu’il est bousculé, on ne maîtrise pas, donc en France le système concernant l’arbitrage des gardiens est bien comme ça.
D - Que pensez-vous des carrières françaises en partie chez les goals, quand on voit qu'en Italie, beaucoup de gardiens de série A dépassent les 34ans?
S - En France on focalise beaucoup sur « arrivé 30 ans on est fini », tandis qu’en Italie que ce soit gardiens ou joueurs de champs, on voit COSTACURTA, 39 ans, qui a prolongé d’une saison, moi je leur tire mon chapeau. J’estime qu’aujourd’hui les présidents et les entraineurs pensent trop a se focalisé sur l’âge, mais après c’est les prestations qui parlent donc c’est vrai qu’en France on a de très bons gardiens, donc le choix entre un gardien jeune qui coûte moins cher qu’un gardien moins jeune, sera vite fait et c’est le jeune qui en sortira souvent gagnant donc cela reste toujours « commercial ».
D - Avez-vous un petit rituel avant les matchs? Toucher la barre et les poteaux, mettre sa bouteille toujours du même coté, etc...
S - Exactement, je met toujours la bouteille du même côté et je regarde ma femme et mes enfants sur une photo dans ma sacoche avant le match et voilà. Mais c’est des petites habitudes qui atténuent la pression, réconfortent un petit peu le mental mais la serviette, alors que nous n’avons pas le droit, je la met lorsque le temps est mauvais et que nous avons des ballons difficiles à négocier, comme c’était le cas il y a peu à Boulogne-sur-Mer, même avec un bon gant il faut nettoyé un peu tout ca. C’est de l’ordre du mental, car c’est surtout dans la tête que ca se passe, donc il faut être vigilant.
Equipements
D - Qu'attendez-vous de vos gants ? grip absolu? confort? sensation du ballon ou au contraire amortissement des chocs ?
S - Ce que j’attend de mon gant c’est tout d’abord un confort que je retrouve sur un gant aujourd’hui, c’est à dire, le MGC II . C’est un gant aux coutures négatives, car la sensation du ballon, c’est important mais c’est surtout car c’est un gant aussi bien sur terrain humide que terrain sec car je n’aime pas changer de gants en me disant « tiens, il a un petit peu plu alors je vais mettre tel gants ». Donc un style de latex qui me permet de garder un gant par tous temps, et je l’ai trouvé chez sur le MGC II ou bien le qui sont des gants vraiment très bons et c’est vraiment ce qui se fait de mieux actuellement sur le marché. Et donc je n’aime pas trop quand il y a trop d’épaisseur de mousse sinon il n’y a pas suffisamment de sensation sur le ballon et je cherche un gant avec le latex assez proche de la main. Et pour ce qui est du confort, j’aime avoir un manchon, au niveau du poignet, qui possède donc un élastique assez serré sur le poignet car pour moi c’est important.
D - Combien de paires utilisez-vous par an ?
S - J’ai une consommation d’environ 20-25 paires par an, sur Ho Soccer je me suis entrainé soit avec du MGC II ou du TITAN PRO 2, quasiment toute l’année, ce sont des gants assez fragiles car on s’entraîne quand même 5 à 6 fois par semaine plus le match du samedi, en tout et pour tout j’ai utilisé 5 paires pour les matchs, car je n’aime pas mettre des gants neufs en match donc je les utilise au moins une fois a l’entraînement. Autrement à l’entrainement on en utilise pas mal car sur un spécifique on est pas loin des 300 ou 500 ballons touchés plus le jeu collectif et tout ce qui est mise au sol et tout, on use pas mal nos gants. Mais ce qui est extrèmement bien chez Ho Soccer, c’est que la marque est très a l’écoute des critiques qu’on donne mais le MGC II je n’ai rien eu a leur dire car c’est vraiment un gant exceptionnel de qualité et on est en train de voir pour faire une personnalisation sur le modèle que je porterai l’an prochain, qui est le Gecko .
++ D - Choisissez-vous vous mêmes vos sponsors pour les gants ou est-ce qu'une marque travaille en collaboration avec votre club ?++
S - J’ai un contrat personnel donc c’est moi qui ai choisi mon sponsor mais le poste aujourd’hui a tellement évolué que chaque gardien a son contrat individuel et pour ce qui est de la Ligue 1, c’est surtout basé sur le financier, les gardiens portent la marque et touchent de l’argent en plus. Tandis que nous, on a du matériel, sans exagérer non plus car par le passé il y a eu de l’abus par certains, dès que nous en avons besoin. Ho Soccer se met vraiment a disposition des gardiens dans les meilleurs conditions possibles.
Association
D - Seriez-vous prêt à vous investir de n'importe quelle façon (don de matériels, adhésions à l’association, répondre à d'autres interviews....) ?
S - Ouais, moi je suis ouvert et c’est clair que si c’est pour aider les gens, des jeunes qui ont des difficultés, moi je suis prêt à me déplacer pour rencontrer des jeunes gardiens, c’est intéressant. Je me rappelle que quand j’étais jeune j’aimais voir des gens qui jouent à un bon niveau donc c’est tout à fait normal de renvoyer la balle maintenant. Mais c’est une super initiative de votre part, et je pense que s’il n’y a pas des initiatives telle, il n’y a plus rien car de nos jours les gens sont tellement égoïstes qu’ils ne regardent pas à côté et donc ils ne voient pas qu’à côté il y a pire et qu’ils feraient mieux d’arrêter de se plaindre.
D - Seriez-vous disponible, ne serait-ce que très ponctuellement, pour aller à la rencontre de jeunes gardiens défavorisés ?
S - Je suis tout à fait disponible, si c’est sur un créneau où j’ai du temps libre car j’ai entraînement tous les jours mais si je suis libre il n’y a aucun soucis, j’ai toujours répondu présent lorsqu’on me solicite car je trouve cela tout à fait normal. On est dans un petit club sympa de National, où il y a quand même certains moyens et du monde vient voir nos matchs et c’est mon boulot d’aller rencontrer les gens à la fin du match pour aller discuter avec eux et je ne suis donc pas un mec sauvage, c’est mon boulot d’aller discuter avec eux, faire des photos et tout, il n’y a aucun soucis.
D - Quels seraient pour vous, les points à développer par notre association ?
S - Il faudrait réunir des gardiens de but, ne pas hésiter à me contacter pour que je solicite les gardiens sous contrat Ho Soccer, et puis faire des rencontres et c’est ce qui est important. Par exemple faire une journée ou un après-midi, faire un spécifique puis une petite « bouffe » tous ensembles, comme ca les jeunes sont contents, les parents également et je sais que ca ne coûte pas grand chose et que ca laisse de bons souvenirs car c’est quelque chose de sympas aussi bien pour les jeunes que pour les pros ou éducateurs présents.
D - Quels conseils (techniques, psychologiques, etc…) pourriez-vous donner aux jeunes gardiens ?
S - Quoi qu’il arrive, n’importe quel temps, toujours aller à l’entrainement et si c’est possible, participer à des spécifiques car aujourd’hui un gardien il met ses gants, il va dans le buts et ses copains lui allument des pralines ce n’est plus possible, il faut arrêter tout ça. Maintenant même les petits clubs essaient de mettre en place des spécifiques pour aider leurs gardiens, je me rappelle d'une équipe parisienne qui m’avait solicité pour ça, on avait passer une bonne soirée sympa.
Il faut toujours travailler et ne pas trop écouter les gens autours mais les éducateurs puis après si les qualités naturelles sont la, il faut les exploiter au maximum mais donc aujourd’hui, avant 12-13 ans, on ne peut pas vraiment dessiner son avenir dans les buts car il n’y a que le travail qui fait progresser et on n’y arrivera pas du jour au lendemain. Et puis il n’y a que très peu d’élus pour d’innombrables candidatures. Il y a environ un joueur sur mille voire dix-mille qui arrive professionnel et en gardien il n’y en a qu’un qui joue, sachant qu’il en faut à peu près 3 par clubs il n’y a pas beaucoup d’élus à ce poste donc toujours travailler et avoir confiance en soi quoi qu’il arrive sur un terrain.
Merci beaucoup Sébastien
Commentaires
#1 - Le samedi 20 mai 2006 à 12:56, par Djé
#2 - Le dimanche 3 septembre 2006 à 14:01, par jutsko
#3 - Le mercredi 13 septembre 2006 à 09:25, par aurline
#4 - Le samedi 21 juillet 2007 à 16:53, par hugo
#5 - Le lundi 6 août 2007 à 17:44, par cailliez
#6 - Le dimanche 24 février 2008 à 00:37, par rumeur
#7 - Le samedi 21 juin 2008 à 08:42, par jd22800
#8 - Le samedi 21 juin 2008 à 08:42, par jd22800
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