Djé : Comment voyez-vous l'évolution du poste à travers le temps et comment pouvez-vous définir le poste actuel (règles, difficultés, avantages, médiatisation, etc) ?

Grégory : Le poste a évolué en fonction de l’évolution des règles. Il y a eu un gros changement au début des années 90 avec l’interdiction de prendre la main sur des passes en retrait donc il a fallu intégré le jeu au pied dans la formation des gardiens qui doivent être des véritables joueurs de champs, savoir jouer pied droit, pied gauche, savoir faire des passes longues, courtes, des contrôles au même titre qu’un joueur de champs. Après il a évolué parce que tout va plus vite ! les joueurs vont plus vite, les ballons vont plus vite, le jeu va plus vite. Les trajectoires sont différentes, les ballons sont fait pour les joueurs plus que les gardiens donc il faut s’adapter sans arrêts a des trajectoires surprenantes. Ce qui a beaucoup changé c’est que depuis 10 ans a peu près chaque club à un entraîneur spécifique donc on peu travailler chaque jour spécifiquement, et on constate qu’en France le niveau des gardiens est assez élevé.

D : Quel est votre (vos) exercices préférés ?

G : On travail un peu tout, mais j’aime bien travailler les jambes. Les exercices d’appuis, de musculation des jambes en machine, sous forme de saut, d’exercices. De toute façon, si on veux être performant, il faut avoir de bonnes jambes, tout part des jambes ! une prise de balle ça part des jambes, donc c’est ce que je préfère, ils font souffrir, mais pour prendre du plaisir à travailler il faut souffrir avant de faire des bonnes performances.

D : Comment gériez-vous le stress et la pression lorsque vous n’aviez pas autant d’expérience qu’au jour d’aujourd’hui ?

G : Le stress existe encore, il faut qu’il existe car c’est plus un moteur qu’une appréhension, mais je n’avais pas de secret pour gérer ça, j’était tellement content de rentrer sur un terrain et de jouer les matchs. Ça ne m’est arrivé qu’une fois, avant un match, d’avoir peur. Mais vraiment peur, les jambes qui tremblaient, je me sentais incapable de faire quoi que ce soit sur le terrain, à la mi-temps je m’en suis rendu compte, et je me suis dit que cela ne sert a rien d’avoir peur car ça t’empêche de faire quoi que ce soit sur le terrain. Avoir le trac et de l’appréhension c’est normal, ca prouve que l’on est concerné et concentré, mais peur au point de s’en couper les jambes non.

D : Quel est ou a été votre idole dans les buts ? Et pourquoi ?

G : Je n’ai pas eu spécialement d’idole mais j’ai apprécié certains gardiens. Je me souviens de Joël BATS lorsque j’étais à l’INF Clairefontaine et lui en équipe de France, on avait la chance des les voir s’entraîner et il m’avait vraiment impressionné, il ne prenait pas de but, était tonique, en bref, vraiment impressionnant.

D : Pourquoi avoir choisi le poste de gardien plutôt que joueur de champs ?

G : J’ai joué ce poste la dès l’âge de 5-6 ans quand je jouais avec mon frère (plus âgé de 2 ans), lui il frappais, moi je plongeai. On suivait mon père qui jouait tous les dimanche, on avait un « melon » et on jouais, j’allais dans les but et j’aimai bien et j’ai joué gardien dès ma première licence.

D : Que pensez-vous des critères de sélection des gardiens dans les centres de formation, concernant entre autre la taille?

G : Je pense qu’il y a de plus en plus de gardiens de 1m85-1m95, mais je crois pas qu’il y ai de critères car s’il y a un gardien d’un mètre 75qui est très fort, ils le prendront quand même dans un centre de formation mais il est clair qu’un grand gardien osera plus sortir et prendra plus d’envergure, sera moins spectaculaire. Un gardien qu’un gardien d’1m75 devra faire un super arrêt sur un ballon anodin pour un gardien de 15cm de plus qui n’aura pas forcément besoin de plongé. Mais après en France il existe beaucoup de gardien d’1m75 a 1m82, Teddy RICHERT n’est pas très grand mais très fort, BARTHEZ n’est pas un géant mais à d’énormes qualités.

D : Avez-vous un petit rituel avant les matchs? Toucher la barre et les poteaux, mettre sa bouteille toujours du même coté, etc...

G : Non, non.

D : Quel joueur incarne le mieux le poste de gardien de but, pour vous ?

G : Je ne pourrai pas répondre a cette question, pour moi il y a plein de gardien qui sont de « vrais » gardiens. Je ne vois pas de joueurs qui n’incarne pas le poste de gardien. Ils sont gardiens et ont les qualités pour ça et on tous des qualités différente mais toujours propre à leur poste.

D : Pour vous, quelles sont les qualités premières d’un gardien au début d’une carrière ?

G : Il faut avoir des qualités physique, une grande concentration c’est très important. Une bonne lecture du jeu aussi. Il y a quelques années on disait que les gardiens étaient tous des fous, moi je pense que les gardiens sont des joueurs intelligents, et il faut jouer intelligemment et avec ses qualités avant tout.

D : Vous avez jouer longtemps en L1 avec Lille et Metz, quelles sont vos impressions en L2 avec Grenoble ?

G : Je n’ai pas l’impression de faire un métier différent, ce n’est pas le même championnat que la Ligue 1, mais il y a aussi des joueurs de qualité et un championnat de qualité. Je prend le même plaisir a aller à l’entrainement, le même plaisir a rentrer sur le terrain le vendredi. Le seul truc qui change c’est qu’on joue le vendredi au lieu du samedi quoi. Mais je suis content encore, de joueur au football.

D : Quelle est la plus grande différence entre la Ligue 1 et la Ligue 2 ?

G : En ligue 1 ça va plus vite. C’est pareil, mais en plus vite ! Ca réfléchi plus vite, ça joue plus vite, ça récupère plus vite, tout est plus vite.

D : Comment avez vous vécu cette saison noire, l’an dernier avec le FC Metz ?

G : C’était très difficile à vivre. Mais bon, dans une carrière il y a toujours des moments difficiles, il faut pouvoir s’en servir et rebondir après.

D : Mais c’est parti de quoi ? y a-t-il eu des conflits entre joueurs ?

G : Non, il n’y a pas eu de conflit, on a juste pas trouver l’osmose. C’est toujours difficile dans un groupe de pouvoir jouer ensemble et nous on a pas pu trouver ça.

D : On a entendu Michel ETTORE (ndlr : entraîneur gardien de Metz) qui disait que vous et Christophe MARICHEZ étiez les plus travailleurs et sérieux a l’entraînement, et aujourd’hui ?

G : Les gardiens sont toujours de grands bosseurs en général, on travail quoi. On a beaucoup et bien travailler avec Michel et je pense que pour rester a un bon niveau de performance il faut bien travailler, il ne faut pas se la couler douce à l’entraînement sinon on le paye vite.

D : Quels conseils pouvez-vous donner aux jeunes gardiens qui liront cette interview ?

G : De ne jamais se décourager, de choisir se poste la par vocation. Prendre du plaisir et travailler à l’entrainement et continuer a s’amuser, c’est le plus important !